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17/08/2008

[Interview] Owusu & Hannibal - Bedroom Music


"Living With… " du duo danois Owusu & Hannibal, sorti en 2006 , c’était la preuve que l’on peut avoir des influences de tous bords, tout en pouvant parfaitement les retranscrire sur un seul et même album. Et ce, sans pour autant tomber dans la mixture indigeste. Les deux hommes, très occupés dans leurs projets respectifs, que nous avons rencontré à Copenhague en Mai dernier, ont bien gentiment accepté de grimper dans l’arbre-stereo, pour une séance de questions totalement décontractée.


STEREOTREE : Premièrement, messieurs, je vais vous demander de vous présenter un petit peu, ce que vous avez fait de votre coté avant de vous rencontrer, et comment vous vous êtes rencontré.


OWUSU : Tu veux commencer, Robin ?

ROBIN HANNIBAL : Ouai, pas de problème. En fait, on s’est rencontré en participant au projet nommé Nobody Beats The Beats (compilation de beatmakers danois, ndlr), où l’on on avait des amis communs qui nous ont présenté. Puis, forcement, on a commencé à parler musique, de nos influences, tout çà. On s’est vite aperçu qu’on avait les mêmes gouts. Puis j’ai écouté un de ses track, qu’il avait fait avec un ami commun, et j’ai trouvé ça super bien. Du coup, j’ai commencé par lui passer quelques coups de fils, puis je l’ai clairement harcelé (rires). Ensuite il est venu chez moi, on a commencé à jouer quelques trucs et tout s’est enchainé. On s’est rencontré un peu au hasard en fait, tu vois.

OWUSU : Ca a pris peu de temps avant qu’on commence à bosser ensemble réellement, j’avais déjà des projets en cours que je voulais absolument terminer, tu sais. Ça a du se faire environ un an après notre rencontre, avec la chanson "DELIRIUM".

ROBIN : Ouai, enfin ce n’était pas exactement notre première chanson. On avait quelques autres choses avant, on se faisait respectivement écouter nos travaux, on écoutait de la musique etc.

OWUSU : On avait déjà fait quelques maquettes, effectivement. En fait, dans les premières interview, on a dit que Delirium était notre première chanson, mais ce n’est pas tout à fait exact, on avait fait quelques démos, qu’on n’a jamais terminé au final pour la plupart.

STEREOTREE : Et avant ça, vous aviez déjà réalisé quelques projets ?

ROBIN : Ouai, carrement ! Moi je bossais avec les Boom Clap Bachelors (BCB), entre autres.

OWUSU : Moi j’avais fait un track House avec Allen, et donc un Beat pour Nobody Beats The Beats, ce collectif Hip Hop Soul, qui regroupait un peu les producteurs danois super underground.

STEREOTREE : Alors, à ce sujet, pouvez vous me présenter un peu la scène Danoise ? Personnellement je trouve qu’elle a vraiment quelque chose de particulier, une sonorité clairement décomplexée et vachement groovy.

ROBIN : Hum, oui, mais en fait je ne sais pas vraiment si on peut parler de « scène ». Ca parait peut être important vu de l’extérieur, mais en fait c’est vachement petit. Comment tu dis en français ? Très "petite" (rires).

OWUSU : Ouai, c’est super petit. En fait, il y a une scène Electro assez importante, avec des gars comme Trentemoller.

STEREOTREE : Ah, j’avais zappé que ce mec était danois.

OWUSU : Ouai ouai, il est d’ici, puis t’as quelques autres artistes dans ce genre là. Mais c’est plus du Minimal, où je ne sais pas comment est-ce qu’on peut appeler çà.

STEREOTREE : Un son très allemand, en gros.

ROBIN : Ouai, voilà, exactement, le style allemand.

OWUSU : Pour en revenir à la Soul ou au Hip Hop, il n’ y en pas tant que çà ici, en fait !

ROBIN : Oui, et rien qu’on puisse te recommander franchement (rires). Mais il y a plein de gens talentueux. Le problème étant qu’au Danemark, ou à Copenhague du moins, pour percer un peu il faut que tu ailles vers un public plus large. Parce qu’ici, pour ce genre de musique, l’audience est super réduite. Regarde, Bilal est venu il y a pas longtemps (concert incroyable, ndlr), la salle était à moitié remplie, seulement !

OWUSU : Ouai, ça craint pour Bilal! La plupart des bons musiciens sont obligés de s’exiler, ici, tu sais. Même Trentemoller ! Et c’est le cas pour la plupart des gens du milieux que je connais.

ROBIN : C’est dur au Danemark, mais comme partout finalement. Par exemple même avec les Boom Clap Bachelors, on a sérieusement galéré, alors qu’on chantait en danois. C’est tellement différent de tout ce qui sort ici.

OWUSU : Je pense que le problème est le même partout, c’est juste qu’ici vu la taille réduite du pays, on le sent plus, forcement.

STEREOTREE : Alors, vous pouvez un peu me dire quels sont vos projets en cours et à venir, en duo ou de votre coté?

ROBIN : Oh, Plein de choses !

OWUSU : Ouais, plein de projets, mais rien ensemble. En fait depuis Living With, nous n’avons rien réalisé en commun. Ça fait un petit moment maintenant !

ROBIN : Oui, moi j’étais à Berlin, c’était compliqué, maintenant j’ai de nouveau mon studio, donc ça sera mieux et plus pratique, je pense. Mais je t’en prie Phillip, parle nous un peu de tes projets, hein !

OWUSU : De mon coté, je travaille actuellement sur un album solo! J’espère vraiment le finir cette année, je pense que ca sera terminé vers Octobre ou Novembre.

ROBIN : Moi, donc, j’ai fait un nouvel album il y a quelques mois avec les Boom Clap Bachelors, et, dans la même veine, j’ai aussi un projet nommé Non+ (trio composé par lui même, Ronni Vindhal des BCB et le chanteur Tuco Ifill, ndlr), qui était censé sortir sur Universal, enfin sur un petit label affilié à Universal. C’était un putain de bon deal. Mais ça a foiré et ça sortira à la fin de l’été, si tout va bien. On a signé sur le label japonais P-Vine, qui ressort des vieux projets Jazz. Je suis aussi en train de réaliser un film d’animation, ici au Danemark. Puis on prévoit de nouvelles sorties à venir avec les Boom Clap . Il y a surtout un projet en duo avec une chanteuse qui s’appelle COCO. On est en train de faire un truc dans le genre Womack & Womack, c’est super excitant. Et je prépare cet album avec la chanteuse danoise Liv Lykke, qui est sur l’album des BCB d’ailleurs. J’ai donc enormement de projets !

(les deux hommes se lancent dans un long aparté au sujet des deux demoiselles citées plus haut)

OWUSU : Oh excuse-nous, en fait ça faisait un p’tit moment qu’on ne s’était pas vu tous les deux !

STEREOTREE : Pas de problème. Robin, tous ces prochains projets seront-ils en anglais, ou en danois ? Parce que je me demandais justement pourquoi l’album des Boom Clap Bachelors était en danois. Je trouvais ça un peu dommage, étant donné que ça réduit un peu le potentiel et la portée que ça pourrait avoir.

ROBIN : Tout sera en anglais cette fois. Mais tu sais, avec les BCB, on a beaucoup était joué et playlisté en Europe, en France, en Angleterre ou en Italie, par exemple. Pour te dire, le 12’inch a tellement bien marché que notre distrib va sortir le LP en vynile. Donc, en fait, je ne pense pas vraiment que la langue limite quoique ce soit, bien sur ça n’aura jamais la même porté qu’en anglais, mais ca n’empêchera pas les gens curieux et ouvert d’esprit de l’écouter. Tu vois, moi par exemple j’écoute plein de musique brésilienne, islandaise ou allemande! Des fois, je n’ai pas la moindre idée de ce que ça raconte, mais ce n’est pas le plus important. Je pense qu’on alternera la langue selon les sorties. La prochaine sera en anglais, par exemple.

STEREOTREE : Sur "Living With...", et même sur vos autres projets d’ailleurs, je trouve que vous avez vraiment un son particulier, comment est ce que vous le décriveriez ? Et est ce que vous comptez justement continuer dans cette voie pour vos prochains projets ?

OWUSU : Hum, bon, premièrement, pour notre style, je pense qu’on n’a pas vraiment conscience de faire un son unique. Le truc c’est plutôt de ne pas essayer d’avoir une sonorité particulière à tout prix, tu vois le truc ? On essaye vraiment de ne jamais faire la même chose. C’est ce qui s’est passé avec nos deux premières chansons, par exemple, "Blue Jay" et "DELIRIUM". On veut plus faire une sorte d’illustration de tous les styles différents dont on peut être inspirés!

ROBIN : J’ai toujours été inspiré par la musique que tu me jouais, et vice versa. C’est aussi ça que j’aime chez Phillip, c’est qu’il essaye toujours de faire quelque chose de différent à chaque fois. Et je dois dire que j’ai un peu la même approche, en fait. Faire quelque qui ressemble déjà plus ou moins à ce que tu as pu faire avant, c’est vraiment pas intéressant. Je pense que c’est aussi une question de personnalité, finalement. J’ai discuté avec tellement de gens à ce sujet là, des types qui essayaient juste d’imiter des sonorités des 60’s sans rien n’y apporter de nouveaux. Moi je prends notes de ce qui m’inspire, forcement, mais je vis en 2008 bordel, j’avance et j’essaye d’apporter des éléments nouveaux !

OWUSU : Le truc aussi, c’est qu’on n’essaye pas de cacher que notre musique a été faite sur un laptop dans une chambre, et pas dans un grand studio. D’ailleurs si tu te rappeles de la pochette, c’était vraiment cette idée. Je me souviens que quelqu’un nous avait dit que c’était de la « Bedroom Music», parce qu’on l’avait fait dans un salon et une chambre !

ROBIN : Yeah ! Fait dans ton salon, et dans ma chambre ! (rires)

OWUSU : Tout n’a pas besoin d’être parfait, je pense. Par exemple je me rappelle que pour jouer la basse sur Blue Jay, il manqué une corde, mais on s’en foutait, on l’a fait sans se poser de question.

STEREOTREE : On doit donc s’attendre à quelque chose de totalement différent. Vous changerez aussi de méthodes et de matos ?

OWUSU : Pour mon cas, je ne changerais que si j’ai assez d’argent pour le faire (rires) !

ROBIN : En ce qui me concerne, c’était important que, pour les projets avec BCB et Non+, on propose quelque chose de différent. Alterner les chansons pop rock, les compositions en danois ou même faire un film d’animation. C’est important de changer, il faut éviter toute redite.

STEREOTREE : Alors, j’aimerais bien vous questionner sur vos influences. Parce que, quand j’écoute votre musique, ça me rappelle autant Stevie Wonder, Michael Jackson, que Prince. A quel point ces artistes vous ont-ils influencé?

ROBIN : Oh, tu tapes dans le mille, là !

OWUSU : Il y a tellement de choses qui nous influencent. Mais à mon avis, quand on fait de la musique, on est obligé d’être influencé par Stevie Wonder ! Moi, j’ écoute sa musique depuis que je suis tout petit, et j’ai suivis son évolution au fil des albums. Je crois que c’est vraiment ma référence absolue.

ROBIN : Quand j ‘écoute "Living With… " maintenant, c’est vrai que je sens totalement l’influence de Michael Jackson. C’est pas vraiment la même chose, mais je trouve que l’esthétique est un peu la même, tu voix. Pareil pour Prince, ce mec me fascine d’ailleurs. Après, comme tu as pu le remarquer en écoutant le CD, on a vraiment énormément de références, dans des tas de styles musicaux. Bon, je crois que je n’ai jamais vraiment écouté de Hard Rock, mais ça a du m’influencer aussi !

OWUSU : Hey, dis toi qu’avant j’étais dans un groupe punk, je me prenais pour Jimmy Hendrix, un noir qui joue de la guitare électrique (rires) !

ROBIN : Ouais, en fait on aime tout ! Puis, il faut dire qu’on a les mêmes influences. Notamment en Hip Hop, avec Slum Village, Jay Dee, Madlib, A Tribe Called Quest, etc.

STEREOTREE : En parlant de Jay Dee, la track "A Million Babies" où vous aviez samplé un petit passage de son remix « Eve » pour le groupe Spacek, ça m’avait complètement scotché !

ROBIN : Haha, ouais on l’avait produite conjointement. C’était au moment où il venait de décéder, et on voulait vraiment faire un hommage, tout en se disant que des centaines de mecs allaient faire la même chose. On avait donc envie de montrer qu’il nous avait totalement inspiré, mais d’une manière plus originale, en mélangeant un peu tout aussi. Le truc c’est que maintenant dès que j’écoute du Slum Village, je me mets à vouloir sampler un passage toutes les deux secondes (rires) !

STEREOTREE : J’ai remarqué que vos chansons avait une construction assez particulières, avec énormément d’arrangements différents à la fin.

ROBIN : Oui, ça c’est le moment où ne sait plus quoi faire avec la chanson (rires) !

OWUSU : Ouai, en fait pour éviter de faire une chanson de 8 minutes, on met un peu toutes les idées en vrac à la fin.

ROBIN : C’est aussi un moyen d’avoir une construction moins traditionnelle et moins prévisible. C’est d’ailleurs une chose que je reproche à beaucoup d’artistes. On peut savoir comment va évoluer leurs chansons avant même de l’écouter.

STEREOTREE : On a parlé d’influences, mais qu’est ce que vous écoutez en ce moment ? C’est quoi le dernier album que vous ayez acheter, par exemple ?

OWUSU : Hum, moi ça doit être un maxi de MF Doom, sortit l’année dernière je crois. Je me ne souviens plus du nom.

ROBIN : C’est vraiment une question piège. Tu sais, je suis toujours en train d’écouter des sons nouveaux ou absolument pas connus, et je n’attends qu’une chose, c’est qu’on me pose cette question pour que je puisse en parler. Mais maintenant que tu me le demande, je n’ai rien en tête (rires) ! C‘est toujours comme ça. Sinon, laisses moi réfléchir. Le dernier truc que j’ai écouté c’était le Show de Benji B sur Deviation, avec le remix de Phillip. Oh ouais, bordel j’allais oublier, j’écoute énormément d’ Arthur Russel en ce moment! Ce mec est un génie. D’ailleurs j’te conseille vraiment de prendre son best of sur le label Souljazz !

STEREOTREE : Alors, sur Stereotree, on essaye aussi de mettre en avant la scène alternative hip hop française, est ce que vous écoutez beaucoup de choses en provenance de l’hexagone ?

OWUSU : Ouai, en ce moment c’est plutôt la clique d’Ed Banger, et forcément Daft Punk aussi. J’ai toujours adoré ce groupe, j’avoue.

ROBIN : Pour le Hip Hop, j’ai beaucoup écouté MC Solaar ou IAM, par exemple. Après, j’adore Justice aussi, leur album m’a vraiment surpris. Notamment au niveau des arrangements. Pour beaucoup de gens la musique « club » doit être épurée et simple, et je trouve que Justice apporte vraiment quelque chose avec des compositions très recherchées. Ce n’est pas seulement une copie de Daft Punk. J’ai vu ces derniers en concert à Berlin pour le Alive tour d’ailleurs, c’était énorme.

STEREOTREE : En parlant de live, j’ai remarqué que vous ne vous étiez encore jamais produit sur scène tous les deux. Comment ça se fait ?

OWUSU : Ouais, c’est juste. Mais le truc c’est que si on devait se produire en live, il nous faudrait l’aide d’autres musiciens, environs 5 ou 6. Parce que sur l’album, on fait absolument tout à deux. Tu penses bien qu’en live ca serait un peu compliqué (rires) ! Puis, je ne vais même plus voir des concerts en fait, tu vois, je trouve que tout se répète vachement, notamment dans le hip hop.

STEREOTREE : Justement, ça ne vous dit pas de faire un show original , à l’image de votre musique?

ROBIN : Ouais, ouais. Mais pour moi faire un live revient à faire un album finalement, car il faut réinventer chacune des chansons en fait. Avec les Boom Clap, on vient à peine d’envisager clairement l’aspect qu’auront nos concerts, pour te dire ! Ca représente un travail assez colossal, parce qu’il faut que ça sonne aussi bien que l’album. Après il faut aussi trouver des salles de concerts pour nous accueillir, et c’est chaud, surtout ici à Copenhague ! Puis si on devait faire une tournée aux USA, avec tous les musiciens dont on a besoin, ça risque de revenir assez cher, et je ne sais pas si les organisateurs seraient prêts à payer pour ça. Donc c’est compliqué.

OWUSU : Dés le départ, on s’est dit que s’il fallait jouer l’album en live, il faudrait que tout soit joué et chanté en live, sinon ça n’aurait pas d’intérêt. Il faudrait trouvé des musiciens qui fassent exactement ce qu’on veut. Et ca risquerait d’être difficile aussi.

ROBIN : Ca dépend de plein d’aspects, tu vois, et puis ça prendrait un temps fou. Et vu qu’on a beaucoup de projets, je pense que ça serait vraiment difficile. Mais tu fais bien de poser la question !

STEREOTREE : Question qui m’a échappée, mais qui pourtant me parait assez essentielle, comptez-vous retravailler ensemble, ou pas ?

ROBIN : Carrément, moi je suis partant !

OWUSU : Moi, avant tout, je veux vraiment terminer mon album solo, parce que ça me trotte dans la tête depuis longtemps ! Mais ouais, après ça, moi je suis partant aussi !

ROBIN : Ce qui est intéressant, c’est qu’en travaillant ensemble on s’est vraiment enrichi. J’ai par exemple appris à jouer de la basse et de la guitare. Rebosser tous les deux, ça serait encore aller plus loin, donc oui ! Et qu’importe le moment ou ça se fera finalement !

OWUSU : Puis, si on refait un album, je te garantis que ça ne sonnera pas comme le premier !

ROBIN : Ouais, surtout parce que cette fois ça s’appellera Hannibal & Owusu (rires) !

OWUSU : Et maintenant c’est à moi de te poser une question si tu veux bien ! Comment as-tu découvert notre musique ? C’est vraiment quelque chose que je me demande souvent, comment les gens découvrent ta musique .

STEREOTREE : Ha ha, en effet! Bien, en fait j’avais commandé un truc sur le site d’Ubiquity, et j’ai reçu un mini sampler où figurait "Delirium". Ca m’a simplement scotché. Puis j’ai commencé à en parler sur le net, les forums et tout ça. D’ailleurs je me souviens qu’à l’époque, c’était assez dur de trouver des infos sur vous. Même maintenant, votre album est relativement dur à trouver, et même en téléchargement illégal d’ailleurs.

ROBIN : Sérieux ? Wow, c’est dingue ça ! Tu sais qu’on a beaucoup discuté sur le fait de leaker l’album sur le net à un moment !

STEREOTREE : Vous pensez que ça vous aurait aider, ou l’inverse ?

OWUSU : Les deux ! Je pense qu’à partir du moment ou tu diffuses délibérément quelque chose sur Internet, il faut accepter le fait que tu ne puisses plus en avoir le contrôle par la suite. Tu peux vraiment créer un bon buzz sur la toile je pense, ceci dit.

ROBIN : Le mieux reste de ne balancer que quelques chansons, comme on l’a fait à l’époque.

OWUSU : Voilà, au début on avait seulement envoyé Delirium à des labels et des DJ. Et c’est comme ça que Ubiquity nous a découvert d’ailleurs.

STEREOTREE : C’est donc un peu ce que les BCB on fait avec "Combiner", qui s’est retrouvé sur la compile de Gilles Peterson?

ROBIN : Ouais, exactement, sauf que ça c’est une drôle d’histoire, je te passe les détails…

STEREOTREE : En parlant des BCB, je dois t’avouer que j’ai été assez surpris de l’orientation musicale beaucoup plus pop et lounge que vous avez pris sur le dernier album, comparé au premier qui était plus brutal.

ROBIN : En fait, je n’ai pas produit toutes les tracks de l’album. Je pense que mes productions sont d’ailleurs les moins populaires sur le dernier. Et à la base, elles étaient destinés à des rappeurs danois et internationaux. Le reste est effectivement plus pop et taillé pour les radios. Tu remarqueras aussi qu’il y a une certaine variété dans les productions.

STEREOTREE : Oui complètement, comme la track "Kommer Aldrig" (présente sur le dernier album du groupe, ndlr) qui ressemble à du Madlib ou "La Glace" qui est plus électro et dansante.

ROBIN : Voilà, exactement ! On est deux en fait à produire l’album. Et on a vraiment des styles différents. Ca explique le changement, comparé au premier que je produisait quasiment en entier. Ceci dit j’adore le boulot que les autres ont fait, et ca rend l’ensemble plus intéressant.

STEREOTREE : Pour finir, il y a-t-il un artiste avec lequel vous auriez vraiment envie de travailler ?

ROBIN : Oulah, il y en a plein !

OWUSU : Tout dépend de la nature du projet. C’est trop dur de te sortir un nom comme ça. Mais j’adorerais travailler avec un chanteur brésilien, genre Jao Bosco. Ou niveau Hip Hop, avec des mecs comme MF Doom ou Q-Tip. Il y a énormément de choses intéressantes à faire.

ROBIN : Et tout dépend aussi de l’alchimie musicale que tu peux avoir avec quelqu’un. Ce qui serait intéressant, ce serait de bosser avec des gros noms et d’avoir dans le même temps carte blanche pour proposer ce que tu veux.

Owusu : Même sans avoir carte blanche, ça peut être un bon challenge quand même. Histoire de faire sonner un artiste différemment. On est tous les deux très ouverts, de toutes façons !

STEREOTREE : Et concernant les remix, est-ce quelque chose qui vous intéresse?

OWUSU : Oui oui, c’est un bon challenge, par contre il faut qu’à à la base la chanson soit intéressante. On a fait quelques remix ensemble, dont un pour Up Hygh. D’ailleurs le beat de notre track Monster devait à la base être celle du remix, mais on l’a gardé pour nous au final. On a également réalisé des remix qui ne sont jamais sortis, car ils ne correspondaient pas vraiment aux exigences du label. Puis j’ai aussi fait un ou deux remix de mon côté, pour la chanteuse Eska ou pour Thief, notamment.

ROBIN: Ouais, moi je vais réaliser un remix de Plantlife, pour leur dernier album.

STEREOTREE: Bien messieurs, l’interview est terminée, je vous remercie !

OWUSU & ROBIN : Tu plaisantes, merci à toi !

Interview réalisée par OneLighT

1 commentaire:

Yellow a dit…

Cool de la lecture, on ne chôme pas chez l'arbre stereo. force!